Cote
Titre
Date(s)
- 1945-1994 (Production)
Niveau de description
Étendue matérielle et support
256 boîtes Cauchard pour 371 articles (28,16 m.l.).
Nom du producteur
Histoire administrative
L'histoire des transports en commun parisiens commence le 22 février 1855, date à laquelle un décret impérial crée la Compagnie générale des omnibus (CGO). Pendant trente ans, sous le régime de la concession, elle obtient "le droit exclusif de faire circuler dans Paris des voitures". Mais dès 1873, le tramway s'impose ébranlant le monopole de la CGO.
En juin 1906, la CGO exploite la première ligne d'autobus entre Montmartre et Saint-Germain-des Près. Le succès est tel que la traction animale disparaît totalement en janvier 1913 laissant place au modernisme.
Entre-temps, un nouveau mode de transport s'est construit en souterrain, afin de pallier les carences du réseau de surface. Ainsi le métro fait son apparition et la première ligne (Porte de Vincennes-Porte Maillot) est mise en service le 19 juillet 1900. La Compagnie du métropolitain de Paris prend en charge l'exploitation du réseau souterrain sous couvert d'une convention avec la Ville de Paris.
La première guerre mondiale provoque le développement du métro mais rend difficile l'exploitation des réseaux de surface, qui se dégradent. D’où le mécontentement des salariés. Une redéfinition des relations avec les tutelles s'impose, seule l'unification de tous les réseaux de surface résoudrait le problème. Elles se concrétise avec la convention de 1920, faisant du Département de la Seine la seule autorité de tutelle et avec la création de la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP) en 1921.
Pendant l'entre-deux-guerres, les différents réseaux se développent et se modernisent. Le tramway sous la pression des groupes pour l'automobile disparaît peu à peu. Il roule pour la dernière fois dans Paris le 14 mars 1937. Le routier l'emporte sur la surface.
En souterrain, le métro poursuit sa croissance à tel point que la CMP absorbe la Compagnie Nord-Sud et la Ligne de Sceaux, ouvrant l'accès au réseau régional.
La seconde guerre mondiale marque la fusion des deux réseaux sous l'autorité de la CMP par une loi du Gouvernement de Vichy datée du 26 juin 1941 ; et entraîne la suppression de la STCRP le 1er janvier 1942. La principale innovation de cette fusion est la création du module de tarification unique U, correspondant à une section d'autobus. La CMP oscille entre collaboration et résistance, si bien qu'à la Libération une épuration administrative se met naturellement en place.
Une Régie autonome des transports parisiens est envisagée et soutenue par le Comité parisien de libération. Des projets sont avancés, mais toujours remis en cause. Il faudra attendre la loi du 21 mars 1948 pour que soit créée cette Régie, plus communément appelée la RATP. Elle est officiellement créée le 1er janvier 1949 ; à l'heure actuelle, c'est un établissement public à caractère industriel et commercial doté de l'autonomie financière. Elle est chargée de l'exploitation des lignes souterraines et de surface, encore de nos jours.
Nom du producteur
Histoire administrative
La Société française d'études et de réalisations de transports urbains - plus communément connue sous le nom de SOFRETU - est une filiale de la RATP dont la fondation a été actée le 26 avril 1961. Elle est née des réflexions menées par le cabinet d'Antoine Pinay, ministre des finances entre 1958 et 1960, en lien avec la création de la SOFRERAIL (1957) et de la SOFRECOM (1966), d'abord comme SOFRETRANSPORTS urbains. Au long de son existence, elle a un statut de Société Anonyme (SA), détenue à hauteur de 77% par la RATP, le reste étant aux mains de différentes banques (Société Générale, Paribas, Crédit Lyonnais, BNP, Worms et Suez).
A ses débuts, la SOFRETU est seulement un écran sans fonctionnement propre qui permet à la RATP d'intervenir en son nom hors de la région parisienne. L'ambition de la RATP est alors d'obtenir des marchés en France et à l'international en capitalisant sur l'image de marque des grandes entreprises publiques françaises et par l'exportation d'un savoir-faire en matière de conception, d'élaboration et d'exploitation de lignes de transport urbain en tout genre.
Au fil du temps, la filiale se structure et se dote de ses propres moyens. Le transfert de compétences de la RATP vers la SOFRETU se fait progressivement : la gestion et la commercialisation sont les premiers secteurs sur lesquels la filiale est autonome, s'attribuant la prospection des marchés, la négociation des contrats ou encore leur suivi juridique et financier. Le cas de l'ingénierie est plus complexe, la SOFRETU mettant plus de temps à intervenir en son nom sur les sujets techniques. Le lien en la matière avec la RATP reste fort même si la SOFRETU investit ce domaine. La SOFRETU fait appel aux différentes disciplines de la RATP dans les opérations menées en France et à l'étranger et de nombreux agents de la RATP y sont détachés.
Du fait du lien organique de la SOFRETU avec la RATP, la société est une des seules sur le marché des transports collectifs urbains à pouvoir embrasser toutes les étapes d'un projet quel que soit le mode de transport concerné. Les prestations de la SOFRETU s'étendent de la conception à la maintenance ; elle propose même des formations à l'exploitation des réseaux. Madeleine Jung cite un document de présentation de la SOFRETU qui détaille ses activités en plusieurs volets :
- Etudes générales ;
- Ingénierie de conception ;
- Ingénierie de construction ;
- Assistance à la mise en service de systèmes de transports ;
- Assistance à la modernisation d'entreprises exploitant les réseaux de transport collectif ;
- Formation du personnel et développement des ressources humaines ;
- Concession et analyse du financement.
Sur les différents projets, la SOFRETU peut intervenir sur l'une ou l'autre de ces activités. Elle peut agir seule comme conseil pour l'élaboration de projet ou le suivi de leur réalisation mais elle est aussi amenée à prendre à part à des groupements dans le cadre de contrats dits "clefs en mains".
La SOFRETU est basée à Paris. Elle intervient sur différents projets dans tous les continents. Les directeurs d'opération les coordonnent en faisant le lien entre le siège et les lieux d'intervention. Sur place, ils sont assistés par des chefs de mission qui encadrent les différents chefs de discipline, alors qu'à Paris ils sont secondés par des chefs de projet.
Dans les années 1960, la SOFRETU profite de l'attractivité suscitée par les innovations de la RATP. Le métro pneumatique constitue alors son produit d'appel. Dans les années 1970, la SOFRETU renouvelle son approche sous l'impulsion d'une génération de jeunes cadres qui ne sont plus systématiquement passés par la RATP. Cela conduit à une diversification en matière de technologie, de financement et de nature des interventions. La société amplifie également son rayon d'action à l'international.
Le premier contrat d'envergure de la SOFRETU est signé en 1962 à Montréal. Suivent Mexico (1967 - contrat dit "de tous les records"), Le Caire (1970), Santiago du Chili (1971), Rio de Janeiro (1973) et Caracas (1978). En 1978, la SOFRETU avec 400 milliards de francs de chiffre d'affaire est la première entreprise mondiale en ingénierie de transports urbains ; c'est encore le leader mondial au moment où son existence propre cesse en 1995. Parallèlement à ces contrats d'ampleur, la SOFRETU multiplie les contrats moins lourds dans de très nombreuses villes, aussi bien au sujet des autobus que des tramways, métropolitains (classiques et automatiques) et chemins de fer. Madeleine Jung établit qu'en 1993, la SOFRETU réalise 30% de son activité en France, 37% dans le reste de l'Europe, 17% en Amérique latine et 16% en Asie.
La SOFRETU a eu un effet de levier pour les industriels français du transport, dont Alsthom notamment. Cependant, elle s'est constitué une réputation d'impartialité et de sévérité vis-à-vis des prestataires français dans les jugements d'appels d'offre qui a pu servir son image, d'après Madeleine Jung.
La SOFRETU a elle-même eu une filiale aux Etats-Unis (LSTS) et une filiale italienne (SITUS).
En 1992, la SOFRETU est regroupée avec la SOFRERAIL dans le groupe SYSTRA-SOFRETU-SOFRERAIL. En 1995, les deux sociétés fusionnent dans le groupe SYSTRA. A ce moment, la SOFRETU comptait près de 400 employés.
Dépôt
Histoire archivistique
Source immédiate d'acquisition ou de transfert
Portée et contenu
Missions réalisées par la SOFRETU dans différents pays européens.